Samedi 2 avril 2005 6 02 /04 /Avr /2005 22:23

La période estivale est propice au trafic en mobile et en portable, mais cela pose quelquefois des aléas : voici le résumé de ce qui peut arriver et ceci dans le but de poser une question essentielle : peut-on faire du portable dans un lieu public ?. J’espère recevoir des réponses de la part des OM à qui le problème s’est posé, car je ne suis sans doute pas le seul a l’avoir rencontré, et d’une manière plus générale, a tous ceux qui ont une réponse légale ou tout au moins officielle à me fournir.

Voici les faits racontés sur un mode impersonnel.
Vous circulez en voiture sur une route nationale. Vous trafiquez en VHF ou en UHF avec une antenne verticale fixée sur le toit de votre véhicule : vous êtes donc en /M.
Comme ce n’est pas pratique de tenir a la fois le micro, le volant, changer de vitesses, changer de bande de trafic et pas très conforme au code de la route qui stipule que vous vous devez tout à votre conduite, vous décidez de vous arrêter sur une aire de repos ou un parking aménagé à l’écart de la chaussée et vous continuez votre trafic dans des conditions plus agréables et surtout plus confortables : vous êtes toujours en /M , mais a l’arrêt.
Comme l’heure de votre sked sur 80 mètres avec des OM amis habituels (eux aussi en déplacement car en vacances) approche, vous sortez du coffre de la voiture une antenne center-feed de 2 x 20 mètres de long constituée de conducteurs gainés en vert (plus écologique et moins voyant pensez-vous) que vous accrochez entre les branches de deux arbres qui bordent le parking et qui se trouvent a une distance adéquate. Vous installez votre station et la boite de couplage, vous accordez votre antenne et vous faites votre QSO : vous êtes maintenant en /P.
Comme vous êtes stationné près et en vue de la route, quelques automobilistes qui circulent voient votre fil d’antenne et ralentissent. Ceux qui stationnent à proximité, semblent intrigués et regardent, d’autres plus curieux et plus hardis viennent a vous et demandent ce que vous faites : vous leur expliquez en quelques phrases ce qu’est l’émission d’amateur.

Soudain une voiture de patrouille des forces de l’ordre (quelque soit l’administration) s’arrête et après les salutations les occupants, le dialogue suivant s’engage presque invariablement :
Q - Peut-on savoir ce que vous faites là ?
R - Mais certainement, je suis radioamateur et je m’adonne à mon loisir
Q - Vous correspondez avec qui ?
R - Oh avec différents correspondants que je contacte habituellement
Q - Vous avez une autorisation ?
R - Bien sur, voici ma licence
Q - Et ce bout de fil, c’est vous qui l’avez mis ?

Je résume la suite du dialogue qui vous permet d’apporter des réponses aux différentes interrogations de vos visiteurs : la manière d’amarrer le fil aux branches, ce n’est que provisoire puisque dans quelques minutes vous le retirez, la portée de l’émission, les pays contactés, les différentes bandes de fréquence utilisées, etc.
Généralement la conversation s’arrête ainsi et après les salutations d’usage, chacun retourne à ses occupations : la voiture des forces de l’ordre continue sa patrouille et vous, votre QSO.

Mais quelquefois, le dialogue continue ainsi :
Q - Avez vous l’autorisation de vous installer sur la voie publique ?
R - L’autorisation de qui ? Je suis sur un parking public, je peux donc stationner !
Q - Mais votre fil est entre deux arbres et vous n’avez pas d’autorisation pour les utiliser !
R - Les arbres sont plantés en bordure du parking, donc ils sont eux aussi publics !
Q - Vous n’en êtes pas le propriétaire, par conséquent puisqu’ils ne vous appartiennent pas, vous devez avoir une autorisation pour les utiliser. Nous vous demandons de bien vouloir retirer votre fil

Logique. Imparable. L’autorisation, bien sur !!!, mais à qui la demander ?
Ces arbres plantés là, au bord d’une aire de parking de route nationale appartiennent-ils a la DDE, aux Ponts et Chaussée, à la commune sur le territoire de laquelle se situe le parking, au propriétaire du terrain le jouxtant ? Autant de questions auxquelles il est bien difficile de répondre sur le champ (sans jeu de mots).
Vous êtes seulement de passage, vous vous êtes arrêté à cet endroit comme vous auriez pu vous arrêter ailleurs ; c’est la première et sans doute la dernière fois que vous trafiquez sur ce parking, alors demander une autorisation !!!

Je termine sur le mode personnel.
La solution existe et je la pratique, ainsi que quelques OM de ma connaissance que je ne citerais pas, mais ils se reconnaîtront. Lorsqu’il n’y a pas d’arbres qui bordent le parking, il suffit d’utiliser la canne à pêche comme support du centre de l’antenne et d’arrimer les deux extrémités au sol a l’aide d’une pierre ou tout autre objet lourd.
Cette solution est elle plus légale ? Un parking est destiné a recevoir des voitures, des camions, des cyclistes, des piétons, des pique-niqueurs, parfois des caravanes et des camping-car qui passent la nuit, en un mot des usagers de la route, mais pas une antenne, même si elle ne reste que quelques dizaines de minutes.

Je remercie celles et ceux qui me donnerons leur avis.
Robert

Par Robert Bretagne - Publié dans : station radioamateur
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Lundi 28 mars 2005 1 28 /03 /Mars /2005 23:23

Antenne décamètrique multibande portable

Au cours de déplacements et durant les vacances, j’ai longtemps trafiqué sur les bandes VHF et UHF en portable depuis ma voiture; maintenant je pratique aussi le trafic décamètrique. Pour celà il faut bien sur une station, si possible d’encombrement reduit mais le marché actuel n’en manque pas, d’une antenne multibande et d’une boite d’accord.
Pour ma part j’utilise un Kenwood TS-50, une antenne center feed ou Lévy et un coupleur en T. L’installation d’un transceiver en portable utilisé a bord d’un véhicule différe peu du fixe, si ce n’est la source d’énergie; par contre l’installation de l’aérien qui doit être performant, mais souvent provisoire, ne souffre pas de la médiocrité, (suivant un vieil adage bien connu et qu’il ne faut pas négliger).

Passons en revue les divers constituants de l’équipement :

Brin rayonnant
Après avoir essayé successivement du fil de cablage, du fil de fer et autres conducteurs, j’utilise, depuis la lecture d’un article paru sous la plume de F, une corde destinée a étendre le linge: elle s’achéte pour quelques francs dans n’importe quel magasin. Cette corde se compose d’une ame en fibres synthétique armée de 2 ou 3 fils d’acier cuivré et le tout recouvert par une gaine plastique translucide de couleur. Elle a le mérite d’être légére, solide et de supporter sans s’emmêler les nombreux déroulements et enroulements pour le rangement avant et après usage.
Les isolateurs (central et d’extrémités) sont réalisés en plexiglas. Deux cordelettes de nylon tressé, diamètre 4 mm, d’une dizaine de mètres de long sont fixées à chaque extrémités et serviront a amarrer l’antenne et a la tendre.

Feeder
Il est réalisé en twin-lead plat de 300 ohms d’impédance, souple et léger; sa longueur est de 10 mètres minimum.

Installation
Plusieurs scénarios sont possibles: ils dépendent de l’environnement du site ou le trafic va se pratiquer.
Passons en revue les différentes configurations:

- Configuration en V inversé
En rase campagne, dans un endroit non arboré donc dégagé, soit un champ, un parking ou une place, il faut utiliser un support central contitué d’une canne à pêche télescopique, longue de 6 a 8 mètres, qui soutiendra l’isolateur central de l’antenne. Cette canne est tenue verticalement par une fixation à l’arrière de la voiture ou par un système bloqué sous une roue, analogue a celui utilisé par les concessionnaires de voitures pour fixer le fanion de leur firme sur les modèles exposés. Les extrémités des cordelettes de nylon seront retenues soit au sol par des masses, pierre ou autre objet pesant, soit attachées à des points d’ancrage naturels se trouvant a proximité: buisson, pieu de cloture, etc.
- Configuration en V
Cette installation présente de nombreux avantages mais est tributaire de l’environnement, car le brin rayonnant est tendu entre deux arbres ..... qui doivent se trouver a bonne distance, soit au minimum, dans mon cas à plus de 40 m. Ces arbres doivent avoir des branches basses à environ 6 m. du sol, suceptibles de recevoir les haubans du feeder c’est à dire assez dégagées: certaines essences conviennent mieux que d’autres: peuplier, chêne, accacia par exemple.
Les supports adéquats trouvés, il faut amarrer l’aérien. Pour celà attacher un objet lourd (200 a 300g. suffisent) à l’extrémité des cordelettes de hauban et le lancer par dessus la branche reperée qui convient, recupérer le hauban et ensuite l’attacher au tronc de l’arbre a hauteur d’homme. Procéder de la même manière pour l’autre extrémité et tendre l’aérien.
Pour ma part j’utilise deux galets percés ramassés sur la plage: ils sont faciles a lancer et suffisament lisses pour ne pas s’acrocher sur l’écorce.
Quelques conseils: attention de ne pas recevoir le galet à sa retombée, le choisir pas trop lourd a cause de l’effort a fournir au lancement, mais suffisament afin qu’il retombe par gravité en entrainant la cordelette qui doit être non pelucheuse afin de ne pas s’accrocher dans les rugorités de l’écorce. En amarrant la cordelette, penser au démontage: retirer le galet qui risquerait: a) d’être retenu accroché dans l’arbre par des branches, b) de revenir trop brusquement vers l’opérateur avec le risque que celà comporte.
Certains OM utilisent un appareil de lancement, arbalette par exemple; je n’ai pas fait l’essai mais je pense que si le lancement est facilité, le tir doit être trop tendu et de ce fait moins sélectif que le lancer manuel. Après quelques essais, on arrive a choisir le bon endroit de la bonne branche, c’est a dire dégagé de petits rameaux et de feuilles afin que la pierre descende facilement par son propre poids.

- Configuration en T
Cette installation allie les deux configurations précédentes. Elle est utilisée pour obtenir un brin rayonnant le plus parfaitement rectiligne. Elle requiert l’utlisation d’arbres à chaque extrémité ainsi que le support central.
Réglage
Le coupleur testé au préalable pour chacune des bandes sur une charge 50 Ω avec un TOS mètre en série donne différents réglages qui seront notés: ils donnent une indication de départ pour les réglages qui seront éffectués avec l’antenne portable. En utilisant si possible un TOS mètre donnant simultanement la puissance direct et réfléchi (milli a aiguilles croisées ou 2 milli séparés), le coupleur est a nouveau réglé pour chaque bande et sur les fréquences couramment utilisées. Ces différents réglages sont notés afin de les retrouver rapidement, l’utilisation du TOS mètre devenant inutile par la suite, car les paramètres de réglage sont pratiquement identiques d’une installation a l'autre, puisque l’antenne ne change pas.

Résultats
Lorsque le brin rayonnant est bien dégagé, tendu le plus linéairement possible, à une hauteur de 6 à 8 m. du sol, les résultats sont identiques a ceux obtenus au QRA fixe ou j’utilise ce même type d’antenne installée sur le toit d’un immeuble de 4 étages, mais avec 28 m. de feeder.

Remerciements: j’ai bénéficié des conseils et astuces d’OM qui pratiquent depuis longtemps le trafic déca en portable, je les remercies bien vivement et cite quelques uns d’entr’eux: F2BH, F3AR, F3FJ, F3UE, F6CHT, ...
Robert


Dom62015

Photo de mes débuts en /P décamètrique - 1962

(un clic pour agrandir l'image)


Dscn0145

Photo contemporaine du /P décamètrique - 2002

(un clic pour agrandir l'image)

Par Robert Bretagne - Publié dans : station radioamateur
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